Dans un entretien qu’il a accordé à ALL ACTIONS, le Fédéral estime que «personne ne peut empêcher le Sénégal d’Étreindre sa deuxième étoile.»
Comment avez vous accueilli la décision du Jury d’Appel de la Caf de retirer le trophée continental au Sénégal ?
C’est d’abord dénoncé comme l’a fait la Fédération, de manière la plus vaillante, cette mascarade parce qu’il n’y a pas eu de procès en appel. Il y a simplement eu une forfaiture commise par la présidente nigérienne du jury a accompli, pour ma part, je suis convaincu, sur commande.
Aujourd’hui, le Sénégal réagira, et il le fera en suivant les voies officielles. Nous avons déjà réagi auprès des instances compétentes. Ce matin, le président a pris contact avec les conseils, ici et dans le monde, car cette affaire suscite une émotion mondiale. Partout, les gens dénoncent ces décisions, et nous allons suivre la procédure normale pour saisir la justice. En attendant, il faut rappeler que les décisions du jury d’appel sont contraignantes et exécutoires, sauf recours devant le Tribunal Arbitral du Sport. Donc le retrait ne peut pas être acté tant que cette procédure n’est pas terminée.
Avez vous été surprise par la décision du Jury d’Appel ?
Oui, j’ai été surpris, peut-être. Mais je savais également qu’il y avait de fortes manœuvres. Le Maroc n’avait pas dit son dernier mot et était prêt à tout pour effacer l’humiliation subie sur son propre terrain. Mais qu’il sache qu’avec le même engagement et la même détermination, nous ferons face. Ce n’est pas seulement le Sénégal, c’est l’Afrique entière qui fera face. C’est le monde du sport qui réagira. Aujourd’hui, certains devraient avoir honte de gagner par certains procédés.
Comment avez vous trouvé la réaction des Africains et du monde du football en général ?
Il y a une solidarité incroyable. L’être humain, par essence, n’aime pas l’injustice. Ce qui se passe est effroyable et cela fragilise le football africain. C’est également un moment pour revoir la gouvernance du football sur le continent.
Hier, lors de la séance à laquelle j’ai participé, c’était incroyable : on nous a fait attendre dans une « salle d’attente » en visioconférence pendant une à deux heures. C’est l’avocat marocain qui a informé notre avocat que la séance était levée. Quand j’ai contacté la secrétaire, elle m’a confirmé cela. Comment peut-on lever une séance alors qu’il n’y a jamais eu de plaidoirie ? Jamais la présidente n’a déclaré la séance levée. C’est une mascarade, et un crime n’est jamais parfait. Quoi qu’il en soit, la présidente et les jurys d’Appel africains devront répondre de leurs actes devant le Tribunal Arbitral, mais aussi devant leur conscience.
A quand le dépôt du recours au niveau du Tribunal Arbitral du Sport ?
Il y a un délai de 10 jours pour déclarer l’appel, puis 20 jours pour déposer le mémoire. Ce matin, nous avons une réunion avec les conseils. Nous avons d’abord demandé la décision motivée, car jusqu’à présent, nous n’avons reçu que le dispositif. Dès réception de cette décision, le mémoire sera préparé et la déclaration d’appel sera déposée dans les 4 jours.
Message aux Sénégalais ?
C’est leur dire que personne ne peut empêcher le Sénégal d’Étreindre sa deuxième étoile. Il faut garder son calme, ne pas céder à la panique. Le Tribunal Arbitral du Sport rendra le verdict approprié. Les hommes et femmes qui composent ce tribunal ont leur réputation et leur dignité à préserver, contrairement à ce qui s’est passé lors de l’appel africain.
Il faut une solidarité totale des Sénégalais ?
Ce n’est pas seulement sénégalais, mais tout le football africain qui est agressé. Beaucoup de présidents de fédérations africaines et de joueurs de haut niveau se sont déjà exprimés. Ceux qui dirigent le football africain doivent réfléchir avant de poser d’autres actes. L’éthique, la sportivité, le fair-play et le respect du droit doivent primer.
Est-ce que cela ne va perturber les deux matches amicaux contre le Pérou, le 28 mars en France et la Gambie, le 30 mars au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio ?
Rien ne perturbera nos deux prochains matchs. Jusqu’à aujourd’hui, nous sommes champions d’Afrique et nous préparons la Coupe du Monde. Rien ne change dans notre programmation, ni dans notre démarche. Rien ne perturbera notre préparation dans la Coupe du monde parce que, quelque part, c’est l’effet recherché.