La prestation catastrophique de l’OM face à Lorient, arrivée dans un contexte particulier, braque forcément les projecteurs sur Habib Beye, dont l’éloquence face aux médias joue de plus en plus contre lui.
Habib Beye n’a pas de chance avec ses interventions médiatiques pré-match. Celles au bord du terrain, auprès du diffuseur. Car elles se retournent contre lui. « J’ai l’impression qu’on retient que les choses négatives. (…) On me ramène toujours à cette logique où il faut toujours prouver. On va le faire ce soir », avait-il par exemple déclaré juste avant le Monaco-OM perdu par la suite 2-1, informe Footmercato.
Contre Lorient, samedi, il s’est permis une réflexion sur la Ligue des Champions et le match Bayern Munich-Real Madrid. « J’ai regardé Real-Bayern, on avait sûrement les deux meilleures équipes d’Europe de ces 20 dernières années qui s’affrontaient. On me parle souvent d’un football d’équilibre et j’ai vu deux équipes complètement déséquilibrées avec des espaces comme j’avais rarement vu en Ligue des Champions. Ce que j’ai dit à mon groupe : on a le droit d’être déséquilibré, par contre, ce qui m’a marqué, c’est que quand ils perdent le ballon, vous pouvez compter sur les doigts d’une main, 1,2,3, ils sont déjà en place. Déstructuré, restructuré, très rapidement », a lancé Beye au micro de beIN Sports.
Une analyse limpide digne de l’excellent consultant qu’il était. Mais la prestation catastrophique de ses joueurs contre Lorient a montré que la maîtrise de la lecture d’un match ne garantissait pas la mise en place d’un jeu léché. Et pour l’instant, l’écart est trop grand entre les promesses d’un Beye éloquent face au micro et le contenu des matches de son équipe. Et cela, d’autres anciens entraîneurs devenus à leur tour consultant ne manquent pas de le signaler. « De son jeu, on ne voit rien, pourtant il nous explique les choses. Il nous les explique tellement que je ne comprends rien du tout. C’est peut-être le football contemporain. Les demi-espaces, les box, les compositions hybrides, bon hybride apparemment, ça ne dure pas beaucoup de kilomètres hein. Mets nous un peu de diesel, un peu d’essence. Parle nous vrai et mets une équipe qui rentre dans l’équipe adverse et montre sa supériorité. Je suis désolé de parler d’un confrère comme ça, c’est fatiguant. Mais lorsqu’il était consultant, il ne manquait pas de fracasser les entraîneurs français qui étaient si fébriles, si peureux et sans idées. Bah maintenant il est là, au milieu, et depuis qu’il est là, il a perdu 4 matches, il en a gagné 4. Il a régressé par rapport à son prédécesseur qui avait fait 56% de victoires en Ligue 1 dans son mandat », a taclé Pascal Dupraz sur RMC dimanche.
Le parallèle cruel avec Rennes
Les faits ne plaident pas en faveur de Beye, effectivement, avec 4 défaites et une élimination décevante en Coupe de France. Surtout, on peine à observer une amélioration dans le jeu, alors que le coach sénégalais promettait de l’intensité et un pressing haut. Le néant absolu vu contre Lorient offre un constat amer : ses joueurs ne suivent pas ses préceptes. Et ce même après un stage d’une semaine en vase clos. Et comme si cela ne suffisait pas, les résultats des autres rencontres, et en particulier le Stade Rennais, ajoutent à la cruauté de la situation.
Beye avait laissé le club breton avec 31 points, quand l’OM en comptait 40. Aujourd’hui, Rennes a doublé l’OM au classement, avec 53 points contre 52. Son départ de Rennes avait déjà laissé un drôle de goût, et les résultats obtenus par les Rouge-et-Noir depuis laissent songeur. Sous Franck Haise, le Stade Rennais a enregistré 6 victoires pour 1 nul et 1 défaite. Où en sera l’OM lorsque Rennes se déplacera à l’Orange Vélodrome le 16 mai prochain pour la dernière journée de Ligue 1 ?