Un nouveau chapitre s’ouvre dans le scandale des soirées clandestines qui secoue la Serie A. Selon plusieurs médias italiens, les enquêteurs auraient identifié de nombreux joueurs dans les échanges liés au réseau d’escortes actif autour de Milan. À ce stade, aucune poursuite ne vise ces footballeurs, mais l’ampleur de l’affaire continue d’ébranler le calcio.
Parmi eux, le Sénégalais Cheikh Niasse, milieu de terrain sénégalais de Vérone. Ce dernier, selon la presse italienne, étant cité dans un échange où il aurait réclamé du gaz hilarant lors d’une soirée organisée en novembre dernier.
Tout part d’une enquête menée par le parquet de Milan visant un réseau d’organisation clandestine de soirées privées mêlant escortes, hôtels de luxe et consommation de substances illicites, dont du protoxyde d’azote. Au cœur du dispositif, une société basée à Cinisello Balsamo accusée d’avoir mis en place un système structuré de rencontres entre jeunes femmes et clientèle fortunée, parmi laquelle figureraient des joueurs professionnels, des entrepreneurs et des personnalités du sport, dont 70 joueurs de Serie A. Les investigations décrivent des soirées calibrées comme des produits haut de gamme, avec dîner dans des établissements prestigieux, passages en clubs de la nuit milanaise et suites d’hôtels cinq étoiles. Le tout orchestré via une agence qui communiquait sur les réseaux sociaux et qui aurait attiré des centaines de participants au fil des années. Certaines femmes, en provenance d’Amérique du Sud et d’Europe de l’Est, étaient mineures au moment des faits et ne touchaient que très peu de la somme payée.
Dans les procès-verbaux et les interceptions analysés par les enquêteurs, le système apparaît extrêmement rodé. Les organisateurs, un couple aujourd’hui placé sous contrôle judiciaire, auraient piloté chaque aspect des événements, des invitations jusqu’à la gestion financière, en passant par la logistique des déplacements des jeunes femmes. Certaines d’entre elles auraient été logées directement dans les locaux de la société et rémunérées pour leur participation aux soirées, tandis que les clients payaient des montants atteignant plusieurs milliers d’euros pour des prestations qualifiées de complètes. Les autorités estiment que la Serie A est durement impliquée avec plusieurs joueurs ayant fréquenté ces événements sans pour autant être impliqués pénalement à ce stade, leur nom apparaissant uniquement dans des listes de contacts ou des éléments d’enquête.
L’affaire a pris une dimension médiatique massive, alimentée par les révélations successives et par la circulation d’informations issues des écoutes judiciaires.
De très gros joueurs cités dans l’enquête
Le quotidien Il Giornale révèlent des profils très connus du championnat italien et des autres ligues européennes. Les enquêteurs auraient identifié des mots clés correspondant à des joueurs comme Achraf Hakimi, Rafael Leão et Milan Škriniar, tous associés dans les documents à des clubs ayant évolué à Milan ou à des passages dans la capitale lombarde. D’autres noms apparaissent également dans la liste révélée, comme Dejan Stanković, Alessandro Bastoni, Raoul Bellanova, Yann Aurel Bisseck, Philippe Coutinho, Olivier Giroud et Jérémy Ménez.
Du côté de la Juventus, les mentions concernent Dušan Vlahović, Arthur Melo et d’autres profils identifiés via des surnoms ou des initiales, tandis qu’un joueur lié à Arsenal et à la sélection italienne apparaît sous le mot clé Calafiori, associé à Riccardo Calafiori. La liste s’étend également à d’autres clubs de Serie A, confirmant selon les enquêteurs l’ampleur du réseau autour de Milan. À la Lazio figurent les noms de Daniel Maldini et Nuno Tavares, tandis que du côté de l’Atalanta apparaissent Gianluca Scamacca et Matteo Ruggeri (aujourd’hui à l’Atlético de Madrid). À cela s’ajoutent des joueurs comme Marcus Pedersen, Christian Volpato.
Les enquêteurs précisent cependant qu’à ce stade, aucune preuve ne confirme que ces joueurs ont effectivement eu recours aux services proposés par l’organisation, leur présence dans les documents pouvant relever de simples contacts ou d’échanges indirects, rappelle Il Giornale.
Les investigations soulignent que le réseau ne se limitait pas aux clubs italiens. Des joueurs de passage à Milan, parfois issus de Premier League ou d’autres sélections nationales, auraient également été en contact avec les organisateurs. Le nom de Riccardo Calafiori est notamment cité dans ce contexte, tout comme celui de joueurs identifiés uniquement par des surnoms dans les écoutes. Pour les magistrats, ces éléments illustrent surtout la capacité de l’organisation à s’insérer dans l’écosystème du football européen, en profitant des déplacements, des concentrations et de la vie nocturne milanaise pour proposer ses services. À ce stade de l’enquête, les autorités insistent sur la prudence nécessaire, rappelant que la présence d’un nom dans les documents ne signifie pas automatiquement implication. Mais l’onde de choc médiatique est déjà bien réelle et continue de s’étendre bien au-delà des frontières italiennes.