La Fédération sénégalaise de football (FSF) a décidé de reporter au 17 octobre 2026 le démarrage du championnat professionnel, initialement prévu le 3 octobre. Une décision qui suscite des interrogations sur la communication entre la FSF et la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP), mais aussi sur les conséquences sportives et financières pour les clubs.
Une décision dénoncée par certains clubs de la Ligue professionnelle de football.
« D’après les informations dont nous disposons, plusieurs responsables de clubs sont mécontents de cette décision. Ils estiment que le championnat doit démarrer dans des conditions claires et avec une programmation suffisamment stable pour leur permettre de préparer leurs équipes », a confié un membre de la Ligue, sous le couvert de l’anonymat.
Cependant, souligne-t-il, « les clubs ne disposent pas nécessairement des moyens institutionnels pour remettre facilement en cause une décision de la Fédération. Cela ne signifie pas qu’ils doivent rester sans voix : ils doivent pouvoir exprimer leurs préoccupations et être entendus. »
Ce dernier estime qu’il s’agit d’un manque de respect de l’instance fédérale à l’endroit de la Ligue professionnelle de football.
« C’est une décision que nous regrettons, surtout au regard de la manière dont elle a été prise. Le démarrage du championnat était prévu le 3 octobre et la FSF a finalement décidé de le reporter au 17 octobre 2026. Ce qui pose problème, ce n’est pas seulement le report en lui-même, mais le manque de concertation avec la Ligue. Une décision aussi importante aurait dû faire l’objet d’échanges avec les principaux acteurs concernés », a regretté notre interlocuteur.
Selon toujours le dirigeant, « ce qui est regrettable, c’est que des membres de la Ligue n’auraient pas été informés en amont de cette décision. Ils l’ont découverte au même moment que le grand public. Ce n’est pas une manière de procéder qui favorise une bonne collaboration entre les différentes instances du football sénégalais. La Ligue et les clubs sont directement concernés par cette décision. Ils auraient donc dû être associés aux discussions avant l’annonce du report. »
Une démarche déplorée par une bonne partie des clubs, selon ce dernier.
« C’est effectivement le sentiment que cette situation peut provoquer chez certains acteurs. La Ligue professionnelle joue un rôle central dans l’organisation du championnat, tandis que les clubs sont les premiers concernés par ces conséquences. Il est donc important que les décisions qui touchent directement leurs activités soient prises dans un cadre de concertation », souligne-t-il.
Selon lui, « le dialogue entre les deux instances est essentiel pour assurer le bon fonctionnement du football professionnel sénégalais. »
Concernant les conséquences du report, le membre de la Ligue professionnelle de football souligne que « cela risque de chambouler le calendrier du championnat. Il faudra revoir la programmation des journées, tenir compte des autres compétitions et trouver des dates compatibles avec les contraintes des clubs. »
Au-delà de ces deux semaines supplémentaires, précise-t-il, « c’est toute l’organisation de la saison qui pourrait être affectée. Il faut également s’interroger sur la situation des joueurs, dont certains risquent de rester plusieurs mois sans compétition officielle, selon le calendrier et la durée de l’intersaison. »
Les conséquences sont aussi financières, « parce que la préparation d’une équipe professionnelle représente un investissement considérable. Les clubs engagent des dépenses pour le recrutement, les salaires, la préparation physique, les stages, les matchs amicaux et la logistique. Lorsque le calendrier change, ces dépenses peuvent être difficiles à rentabiliser et certains clubs peuvent être contraints de revoir leur organisation. Des pertes importantes sont donc redoutées. Il faudrait toutefois disposer de chiffres précis pour évaluer le montant total du préjudice financier. »
En attendant de connaître la position officielle du président de la Ligue professionnelle de football, les interrogations demeurent sur sa capacité à défendre les intérêts des clubs.
« Cette situation soulève des questions sur les relations entre les différentes instances et sur la capacité de la Ligue à défendre les intérêts des clubs. Il est important que les responsabilités de chacun soient clairement définies et que les intérêts du football professionnel soient pris en compte. Pour autant, il ne faut pas présumer de la position personnelle de Babacar Ndiaye sans connaître sa réaction officielle. L’essentiel est que les préoccupations de la Ligue et des clubs puissent être portées au niveau décisionnel », souligne ce dernier.
La FSF justifie ce report par le calendrier des sélections nationales. La rencontre entre le Sénégal et les Comores, prévue en octobre, ainsi que les matchs amicaux programmés pour les équipes nationales U23, U20 et U17 au cours du même mois, figurent parmi les raisons avancées par l’instance fédérale pour expliquer ce décalage du démarrage du championnat professionnel au 17 octobre 2026.