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Contribution : Au-delà du contenu, la sortie médiatique d’Abdoulaye Saydou Sow, en sa qualité de Secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, soulève une véritable question de gouvernance et de communication institutionnelle

En période de crise, la communication n’est jamais un acte anodin. Elle constitue un exercice de responsabilité institutionnelle qui engage l’image, la crédibilité et la légitimité de l’organisation.

C’est pourquoi les principes de bonne gouvernance imposent que la parole officielle soit portée par l’autorité qui détient la responsabilité politique des décisions.

Dans le cas de la Fédération sénégalaise de football, cette responsabilité incombe en premier lieu au Président, représentant légal et politique de la Fédération.

En son absence, cette mission peut être confiée à un membre du Comité exécutif expressément mandaté, notamment le responsable des compétitions internationales, le délégué fédéral ayant conduit la délégation ou, sur le plan technique de la communication, le responsable de la communication agissant au nom des instances dirigeantes.

En revanche, le Secrétaire général occupe une fonction de nature essentiellement administrative. Il est le plus haut responsable de l’administration fédérale. Il assure la gestion quotidienne de la Fédération, coordonne les services administratifs, veille à l’exécution des décisions prises par le Comité exécutif, prépare les réunions des instances et garantit la continuité du fonctionnement administratif de l’institution. Il est le collaborateur des organes élus, non leur substitut.

Il n’a ni la responsabilité politique des orientations de la Fédération, ni la responsabilité sportive des performances de l’équipe nationale.

 Son rôle est d’accompagner la mise en œuvre des décisions, non d’en assurer la justification politique devant l’opinion publique.

Le fait que le Secrétaire général se retrouve seul en première ligne pour répondre à une crise aussi importante que l’élimination de l’équipe nationale interroge donc la répartition des responsabilités au sein de la Fédération.

Cette situation peut donner l’impression que l’administration assume publiquement des responsabilités qui relèvent avant tout des dirigeants élus.

Or, un principe fondamental de la gouvernance veut que celui qui décide rende compte.

Les élus définissent la stratégie, prennent les décisions et engagent la responsabilité de la Fédération ; l’administration les met en œuvre avec professionnalisme et neutralité.

Cette distinction est essentielle. Elle protège à la fois les institutions et les hommes. Elle évite que l’administration ne soit exposée sur un terrain qui relève de la responsabilité politique et elle garantit que les détenteurs du mandat électif assument pleinement, devant les clubs, les licenciés et l’opinion publique, les conséquences des décisions qu’ils ont prises.

Au-delà du cas d’espèce, cette séquence invite la Fédération sénégalaise de football à renforcer sa doctrine de communication institutionnelle en clarifiant les porte-parole selon la nature des sujets traités.

Une gouvernance moderne repose autant sur une bonne répartition des compétences que sur une communication cohérente avec les responsabilités de chacun.

 C’est à cette condition que la reddition des comptes gagne en crédibilité et que la confiance des acteurs du football peut être durablement préservée.

Il convient toutefois d’apporter une nuance importante. Le choix porté sur Abdoulaye Saydou Sow semble davantage s’expliquer par ses qualités personnelles, son expérience, sa maîtrise des dossiers et sa capacité reconnue à « aller au charbon » dans les moments difficiles que par les attributions attachées à la fonction de Secrétaire général. Autrement dit, c’est probablement l’homme qui a été sollicité plus que la fonction qu’il occupe.

Si cette option peut se comprendre dans une logique de gestion de crise, elle ne règle pas la question de fond.

En matière de gouvernance institutionnelle, la désignation d’un porte-parole ne devrait pas reposer principalement sur les qualités individuelles d’un collaborateur, aussi compétent soit-il, mais sur les responsabilités statutaires et politiques des organes appelés à rendre compte de leurs décisions.

A l’heure actuelle la communication fédérale est une cacophonie comme le montre la pluralité des signatures dans les communiqués.

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