Toutefois, un paradoxe mérite réflexion : la Basketball Africa League (BAL) se tient aujourd’hui au Maroc, en Afrique du Sud et au Rwanda, alors que son siège administratif est à Dakar. Cette situation est révélatrice d’un enjeu qui dépasse le cadre sportif.
Il ne s’agit pas d’un déficit de talent ou de résultats, mais d’un retard en matière de business, d’infrastructures événementielles, de marketing territorial et de visibilité internationale.
Ces pays ont compris que le sport moderne est une plateforme économique et diplomatique. L’exemple du Rwanda est particulièrement parlant : la présence de VISIT RWANDA sur les maillots et dans les stades de clubs majeurs à travers le monde illustre une stratégie assumée de rayonnement international par le sport.
Il est important de souligner que ces États ne sont pas politiquement plus stables que le Sénégal. Leur avantage réside dans un choix stratégique clair : faire du sport un levier central de développement, d’attractivité et d’investissement.
Pendant ce temps, le Sénégal – pourtant riche d’un capital humain exceptionnel et d’une forte tradition sportive – peine à transformer ses atouts en opportunités économiques durables. En dehors du football, la majorité des disciplines restent fortement dépendantes de l’État, dont le budget consacré au sport demeure marginal par rapport au budget national.
Après l’exode des athlètes, le départ des événements constitue un signal d’alerte majeur. Un pays qui n’accueille plus de grandes compétitions perd en visibilité, en influence et en retombées économiques.
Le Sénégal dispose de tous les fondamentaux.
Ce qui manque aujourd’hui, c’est une politique sportive alignée sur les standards internationaux, intégrant pleinement le business, le secteur privé, la diaspora et une véritable stratégie de marque pays.
Le sport n’est plus une dépense. C’est un investissement stratégique.
Makhtar Ndiaye, Ancien international sénégalais de basket
Directeur du recrutement international et du personnel des Mavs







