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Contribution : JOJ 2026 : La mutualisation des initiatives, condition d’une mobilisation nationale cohérente

Par Souleymane Boun Daouda DIOP, Directeur Général du Cabinet Conseil SERISE-SARL

Expert en gouvernance et management des organisations sportives

Le lancement de « Dundal JOJ » constitue, à mes yeux, un moment important dans la dynamique d’appropriation nationale des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. L’initiative est présentée comme un programme fédérateur destiné à mobiliser les institutions, les entreprises, les collectivités, les organisations de la société civile et les populations autour des Jeux et de leur héritage.

Mais une telle ambition pose nécessairement la question de la mutualisation des initiatives et de la coordination entre les différentes parties prenantes.

En regardant les images et les comptes rendus du lancement, je me suis interrogé sur la présence des responsables du Comité National Olympique et Sportif Sénégalais (CNOSS) et du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (COJOJ).

Peut-être les images dont je dispose sont-elles simplement partielles.

Il serait donc prématuré d’en tirer quelconque conclusion sur leur présence ou leur absence effective.

La question qui mérite cependant d’être posée dépasse largement cette circonstance particulière :

Comment faire en sorte que toutes les initiatives liées aux JOJ s’inscrivent dans une dynamique véritablement collective, coordonnée et complémentaire ?

Les JOJ ne peuvent être la juxtaposition de programmes portés séparément par différentes institutions. Ils doivent constituer un projet national partagé, dans lequel chaque acteur apporte sa contribution, tout en recherchant les synergies avec les initiatives des autres.

Cette exigence concerne notamment les initiatives portées par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère de l’Éducation nationale, le Ministère de la Culture, le Ministère du Tourisme, la Ville de Dakar, les communes de Saly et de Diamniadio, le COJOJ et le programme « Dundal Jeux Yi ».

Chacune de ces structures dispose de compétences, de moyens, de réseaux et d’initiatives qui peuvent contribuer à la réussite des JOJ et à la construction de leur héritage. Mais leur véritable impact dépendra de notre capacité à les mettre en cohérence, à les articuler et, lorsque cela est possible, à les mutualiser.

Le Ministère de la Jeunesse et des Sports porte naturellement une responsabilité centrale dans l’animation de cette dynamique nationale.

Le Ministère de l’Éducation nationale dispose, pour sa part, d’un formidable levier à travers les établissements scolaires, les enseignants et les millions d’élèves qui peuvent devenir les premiers ambassadeurs des Jeux. L’éducation constitue en effet l’un des principaux espaces d’appropriation des valeurs olympiques auprès de la jeunesse.

Le Ministère de la Culture a également un rôle majeur à jouer. Le mouvement olympique ne se réduit pas à la compétition sportive : il porte une dimension culturelle, éducative et humaniste qui doit trouver une expression particulière dans un événement organisé pour la première fois sur le continent africain.

Le patrimoine matériel et immatériel, les arts, la création contemporaine, les expressions culturelles, les langues nationales, la musique, la danse, les traditions et le dialogue entre les cultures constituent autant de leviers permettant de donner aux JOJ une empreinte sénégalaise et africaine forte.

Cette dimension culturelle devrait pouvoir accompagner les Jeux avant, pendant et après leur tenue, afin de contribuer à leur appropriation par les populations, au rayonnement de la destination Sénégal et surtout à la construction d’un héritage culturel durable.

Le Ministère du Tourisme peut, quant à lui, inscrire Dakar 2026 dans une stratégie de valorisation de la destination Sénégal, de promotion de son patrimoine culturel et touristique et d’amélioration de l’expérience proposée aux visiteurs, aux délégations et aux familles des jeunes participants.

La Ville de Dakar, tout comme les communes de Saly et de Diamniadio, constitue également un maillon essentiel de cette mobilisation territoriale. Leur implication ne devrait pas être pensée uniquement à travers l’accueil d’activités, mais également comme une opportunité de faire des JOJ un véritable projet d’animation, de participation citoyenne, de valorisation culturelle et d’héritage territorial.

Le COJOJ, en tant que structure chargée de l’organisation des Jeux, doit naturellement demeurer au cœur de cette articulation afin que les nombreuses initiatives qui se développent autour de Dakar 2026 soient compatibles avec la vision, les exigences et le calendrier des Jeux.

Quant à « Dundal Jeux Yi », son intérêt réside précisément dans sa capacité à fédérer les initiatives et à créer des passerelles entre les différents acteurs. Il ne devrait donc pas constituer une initiative supplémentaire venant s’ajouter à d’autres, mais plutôt contribuer à donner davantage de cohérence et de visibilité à l’ensemble des actions engagées.

C’est là que se situe, à mon sens, l’enjeu véritable : passer d’une logique de coexistence des initiatives à une logique de convergence.

Il ne s’agit pas de demander à chaque institution d’abandonner ses programmes ou son identité. Il s’agit plutôt de rechercher ce qui peut être fait ensemble : campagnes communes, calendriers harmonisés, mutualisation des ressources, partage des réseaux, communication concertée, mobilisation des territoires, valorisation culturelle et touristique, et capitalisation des expériences.

Cette exigence est d’autant plus importante que les JOJ représentent une occasion historique pour le Sénégal. Ils ne doivent pas seulement être un rendez-vous sportif international réussi ; ils doivent être un accélérateur de transformation sociale, éducative, culturelle, touristique et territoriale.

La réussite de Dakar 2026 ne se mesurera donc pas uniquement à la qualité de l’organisation sportive. Elle se mesurera également à notre capacité collective à dépasser les logiques institutionnelles, à mutualiser les moyens, à harmoniser les calendriers et à faire converger les initiatives autour d’une même vision de l’événement et surtout de son héritage.

C’est probablement là l’un des grands défis de cette dernière ligne droite : faire de la multitude des initiatives sénégalaises, non pas une addition d’actions, mais une véritable force collective au service d’un même projet national.

Car, au-delà des Jeux, l’enjeu est de savoir si nous saurons transformer Dakar 2026 en une expérience collective, en un patrimoine commun et en un véritable projet d’avenir pour la jeunesse sénégalaise.

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